Un petit village surmonté par un manoir. Des boites, des portes et des tiroirs. Où mènent-ils...
 

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 Auto-stoppés

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Clément Drisslet


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MessageSujet: Auto-stoppés   Sam 30 Aoû - 18:12

Le lendemain de l’arrivée au Village

Pour la énième fois, Clément débraya et tourna la clé. Pour la énième fois, il sentit à peine un soubresaut, puis plus rien. Exaspéré, il fourra le trousseau dans sa poche et descendit de sa voiture. La portière claqua, un brin trop fort, mais il se retint de donner un coup de pied rageur dans le pneu avant gauche. Ca ne changerait rien. Comme ça ne changerait rien d’ouvrir à nouveau le capot. Ses connaissances en mécanique ne s’étaient pas accrues depuis la veille quand il avait testé tout ce qu’il pouvait vérifier. A savoir le niveau d’huile et de liquide de refroidissement. Ouais, ça ne volait pas bien haut. En même temps, ce n’était pas son métier, contrairement au dépanneur… qui ne montrait toujours pas signe de vie. Et vu qu’il était déjà samedi, il y avait peu de chance que ça s’améliore d’ici le lendemain. Assistance vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, il paraissait. Au prix qu’il prenait, son assureur aurait au moins pu s’offrir un dictionnaire pour vérifier qu’il avait la même définition que le commun des mortels. Heureusement qu’il ne lui était pas arrivé une telle panne un jour de garde avec une césarienne ou une matrice en attente ! Le voleur qui se disait assureur allait vite comprendre ce qu’elle valait, son assistance. Du moins, dès que Clément aurait récupéré du réseau.

Parce que, dans le genre coin paumé, le village se posait là. Qu’Internet ne soit pas développé dans le coin, bon, passe encore, mais il n’y avait même pas un petit talus qui permettait d’avoir une minuscule barre de réseau. Que ce soit à l’étage de l’auberge, sur le rebord de la fontaine ou sur un chemin un peu à l’écart du centre-ville. Enfin, centre-ville, c’était vite dit. Y avait quatre maisons qui se battaient en duel et le tour du village se faisait en cinq minutes montre en main. Ouais, il avait testé. Trois fois. Et le nez sur son portable, mais à aucun moment celui-ci n’avait capté la moindre petite étincelle de réseau. Même en marchant à la vitesse d’un escargot asthmatique, même en l’éteignant et en le rallumant plusieurs fois, même en le tenant à bout de bras au-dessus de sa tête. S’éloigner de la place ne changeait rien, surtout qu’il finissait toujours par y revenir sans savoir comment. C’était un peu louche tout de même, quand on y pensait.

Tout comme la grande baraque, là. Le Manoir, comme l’avait nommée la vieille. Elle était sympa, la vieille, d’ailleurs. Bon, elle aurait dû prendre sa retraite depuis un moment, mais il fallait reconnaître qu’elle était accueillante et que son auberge était pas si mal que ça. Deux points qui n’étaient pas gagnés pour un village perdu comme celui-là. En général, plus les coins étaient paumés et plus les habitants regardaient les étrangers de travers. Suffisait de voir sa clientèle alors qu’elle n’atteignait pas le quart de la moitié de la paumitude de ce coin-là. Mais sympa ou pas, Clément n’avait pas franchement envie de suivre ces conseils et de retourner à la vieille baraque. Enfin si, une part de lui en avait envie. Pour tester. Pour voir s’il lui arrivait le même truc que la dernière fois en ouvrant de nouveau la porte qu’il avait poussée. Pour essayer de comprendre ce qui s’était passé. Mais c’était trop louche. A tous les coups, un petit plaisantin avait laissé se répandre un gaz hallucinogène qu’il avait dû inhaler, et rien ne disait qu’il s’était dissipé. Et il était hors de question qu’il soit à l’ouest quand le dépanneur pointerait son nez. Ou qu’il se retrouve intoxiqué à un produit inconnu.

Les pouces glissés dans les poches de son jean, il se dirigea donc plutôt vers la fontaine, dont le rebord faisait un bon siège – du moins pas plus mauvais qu’un autre – tout en pianotant du bout des doigts, comme si ça pouvait évacuer son agacement. Les gamins avaient des drôles d’occupations, dans le coin, tout de même. C’était plutôt bizarre pour un trou perdu. Qu’ils se servent de la vieille baraque abandonnée comme lieu de rendez-vous pour fumer deux-trois joints, c’était presque normal, mais qu’ils fassent joujou avec des substances hallucinogènes et volatiles, beaucoup moins. C’était même à se demander comment ils avaient pu s’en procurer. Peut-être qu’il faudrait qu’il en parle à quelqu’un en repartant. Les gendarmes avaient souvent le mauvais rôle mais ce serait tout de même bien qu’ils fassent quelque chose avant qu’il y ait un accident. La réglementation sur les stupéfiants faisait chier mais elle était pas là pour rien. Ouais, il ferait ça. Une fois que ce glandu de dépanneur serait venu chercher sa voiture. Et, en attendant, il ferait attention à bien la fermer, sa voiture. Manquerait plus qu’un idiot de gamin se mette en tête de tester les médicaments qui s'y trouvaient.
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Auto-stoppés

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